Aller au contenu

TÉLÉCHARGER UN JOUR UN DESTIN BERNARD BLIER


Un jour un destin Bernard Blier double faceQualité HDTV | FRENCH Saison: S11 Chaine TV: France 2 Date de diffusion: 07/01/ Présenté par: Laurent. 19 déc. La collection documentaire UN JOUR UN DESTIN fête son centième Vincent Lindon, Bernard Blier, Patrick Bruel, Patrick Poivre d'Arvor ainsi. Regarder ou Télécharger le documentaire gratuitement Télécharger et regarder le documentaire Un jour un destin Bernard Blier double face.

Nom: un jour un destin bernard blier
Format:Fichier D’archive
Version:Nouvelle
Licence:Usage personnel seulement (acheter plus tard!)
Système d’exploitation: MacOS. iOS. Windows XP/7/10. Android.
Taille:66.50 Megabytes


TÉLÉCHARGER UN JOUR UN DESTIN BERNARD BLIER

Dans Certains l'aiment chaud , de multiples antisèches sont disposés sur les plateaux de tournage. A cette époque, Pialat, pourtant presque quinquagénaire, n'avait réalisé qu'un long métrage, L'Enfance nue, qui n'avait obtenu qu'un succès d'estime. Tramé au haletant feuilleton policier, c'est le Paris de la Belle Epoque terrassé par la Première Guerre mondiale, ses rues parisiennes vidées, son métro encore juvénile, qui respire sous nos yeux. Un an après le triomphe de son Fantomas, Louis Feuillade pilote à nouveau pour la déjà toute-puissante Gaumont un nouveau feuilleton criminel. Jacques Tati invente un personnage dont le comique réside sur des mimes plus que du dialogue façon Charlot. A noter le tournage hyper jet-set a posteriori puisque les trois assistants de Renoir étaient les novices Luchino Visconti, Henri Cartier-Bresson et Jacques Becker.

19 déc. La collection documentaire UN JOUR UN DESTIN fête son centième Vincent Lindon, Bernard Blier, Patrick Bruel, Patrick Poivre d'Arvor ainsi. Regarder ou Télécharger le documentaire gratuitement Télécharger et regarder le documentaire Un jour un destin Bernard Blier double face. Directed by Alexis De La Fontaine. With Laurent Delahousse, Bernard Blier, Clelia Ventura, Venantino Venantini. Genres: Action, Aventure, Fantastique. Synopsis: Les origines d'un héros malgré lui, dont le destin est d'unir deux mondes opposés, la terre et la mer. Cette. L'élevage des porcs tendisgrealpmennee.ga de Groupe d'experts , Bernard Le grand livre des héros: Le destin fabuleux de personnages qui ont fait .. Il est journaliste de Blier, Audiard et les autres, La bande à Gabin, Philippe Des milliers de livres avec la livraison chez vous en 1 jour ou en magasin avec -5% de.

Du drame cynique de Joseph L. Mankiewicz Eve au drame romantique de Douglas Sirk Le secret magnifique en passant par le drame social de Sidney Lumet Douze hommes en colère , le cinéma se disperse.

Quelques metteurs en scène choisissent, quant à eux, de faire renaître le western, et de le remettre au goût du jour; c'est le cas de Howard Hawks avec La captive aux yeux clairs , de John Huston avec Le vent de la plaine ou de Delmer Daves avec La flèche brisée.

Dans un autre genre, les films musicaux, un peu délaissés pendant les années , amorcent leur grand retour.

TÉLÉCHARGER UN JOUR UN DESTIN BERNARD BLIER

Quant aux films policiers, s'ils n'ont pas le même panache qu'à la fin des années 40, Alfred Hitchcock impose son style qui servira de référence à bons nombres de réalisateurs La mort aux trousses , L'inconnu du nord-express. Enfin, les années vont tisser l'exceptionnel et tragique destin de Marilyn Monroe Les hommes préfèrent les blondes , divine égérie Hollywoodienne. Magnifique sur l'écran, elle doit en revanche, reprendre son monologue plusieurs dizaines de fois afin d'obtenir une prise parfaite.

Dans Certains l'aiment chaud , de multiples antisèches sont disposés sur les plateaux de tournage. Cependant, le résultat est souvent surprenant, car Marilyn possède cette présence face à la caméra, charme indescriptible des grandes actrices. Désormais mythique on a tous en nous l'image de sa robe sur une bouche de métro dans Sept ans de réflexion , cette éternelle femme enfant disparaîtra en , alors qu'elle n'avait que 36 ans.

Le cinéma français des années 50 : La France, libérée de l'Occupation allemande, poursuit sa reconstruction. A la suite de différentes mesures prises par les pouvoirs publiques pour développer l'industrie cinématographique, les metteurs en scène présentent divers films qui, sur les écrans, s'enchaînent paisiblement, portés par l'optimisme du baby-boom et des trente glorieuses. Ainsi, Simone Signoret incarne Casque d'or sous la direction de Jacques Becker , influencé par le film noir, et qui dirigera Jean Gabin dans Touchez pas au grisbi.

Henri Georges Clouzot tourne Les diaboliques , puis Le salaire de la peur. La star des années 50 est l'acteur issu du théâtre Gérard Philipe Les orgueilleux , dont la carrière s'achèvera brutalement en Dans un autre style, Jean Marais excelle dans le film de cape et d'épée dont André Hunebelle sera l'un des spécialistes Le bossu.

Bien que vieilli, Jean Gabin demeure l'acteur type des années 50, souvent dirigé par Gilles Grangier Le rouge est mis. De nombreux auteurs de la littérature sont adaptés à l'écran, comme Victor Hugo Notre dame de Paris et Les misérables. Dans le cinéma comique, Fernandel campe un curé légendaire Le petit monde de Don Camillo , tandis que Bourvil affirme son talent La traversée de Paris.

La Survivante

Jacques Tati invente un personnage dont le comique réside sur des mimes plus que du dialogue façon Charlot.

C'est ainsi qu'il réalise Les vacances de Monsieur Hulot. Les signes de la Nouvelle Vague : C'est alors qu'en , Roger Vadim vient bousculer les lois morales établies, en présentant le célèbre Et Dieu créa la femme , à l'affiche duquel figure celle qui sera bientôt connue à travers le monde, Brigitte Bardot. Dans cette mise en scène, qui aura pour mérite de déculpabiliser l'érotisme, elle incarne une jeune femme qui suit ses envies, et savoure l'instant présent, en faisant fi du passé comme de savoir de quoi demain sera fait.

Lors de ses premiers pas d'actrice, B. Pourtant, d'autres sont bien conscients du talent de Bardot, et le critique François Truffaut , exprime, en , son opinion dans la revue Art. Défendant avec ferveur l'impertinence de Brigitte Bardot , il dénonce, dans un article énergique, l'académisme qui règne dans le cinéma.

Il réalisera en Les quatre cents coups, brisant certaines conventions. Jean Luc Godard , en , rompt avec les conventions de continuité, coupant les blancs dans un dialogue dans À bout de souffle. Le cinéma dans le reste de l'Europe : Comme en France, les cinématographies du vieux continent n'échappent pas non plus, en général, à la certaine sclérose esthétique qui touche la majeure partie de la production, et, bien que les genres dominants varient selon les pays, la standardisation des scénarios comme des mises en scène donne des films sans grande surprise.

Dans Les fraises sauvages , Ingmar Bergman reste toujours très austère par sa narration et sa mise en scène. Il parle de sa fossette. C'est aussi Maurice Pialat qui dit ça par surprise à sa comédienne et arrache à Sandrine Bonnaire un rire contenu qui irradie tout le plan.

Un accident heureux, la vie saisie par surprise, un micro-miracle à la Pialat. Cette fossette qui s'en va sans qu'on l'ait vue partir, c'est le Rosebud du film. A la fin, quelque chose s'est évanoui mais nul ne sait très bien quoi.

Un père, qui a quitté la maison. Beaucoup de garçons dans la vie de Suzanne. Probablement un certain état d'innocence. Une appartenance organique à ce clan meurtrier que constitue une famille aussi. Quelque chose est parti, manque sans qu'on puisse le nommer. Mais indubitablement, quelque chose est passé. La vie sans doute. Jeanne Dielman fait la cuisine, met la table, sert son fils, dîne, débarrasse la table, fait la vaisselle, range la cuisine.

Services BnF

Et cela ad libitum, rien moins que trois heures vingt. Il suffisait de filmer ses actions dans une durée proche du temps réel pour enregistrer quelque chose de jamais vu : une construction sociale la femme au foyer qui ne tolère aucune extériorité, une aliénation consentie qui, si on en dérègle les procédures, aboutit à une catastrophe. Autant de gestes découverts sur un écran pour la première fois dans Jeanne Dielman et qui, par la simple retranscription par les moyens du cinéma, donnent lieu à une véritable sidération.

Géniale extension du domaine du filmable. On ne se risquera pas à affirmer que c'est le plus grand. C'est peut-être en revanche celui où la geste bressonienne, ses enjeux et ses effets, est la plus claire, la plus lisible.

UN JOUR UN DESTIN BERNARD BLIER

Pickpocket pourrait être le parfait objet de démonstration de la machine formelle Bresson, sa mécanique des corps et des gestes, son impressionnante entreprise de réduction du réel et sa fulgurante mise en rapport au métaphysique. Le dépouillement, au sens propre comme figuré, c'est le projet formel du film et son enjeu scénaristique. Les objets sont séparés de ceux qui les possèdent montres, bijoux, argent.

Les gestes sont séparés des corps hallucinant ballet de mains en gros plan. L'image et le son fonctionnent sur le mode du contrepoint, parfois presque disjoints. Le film est un vaste principe de déconnection. Tout ce que le monde ou le cinéma donne dans l'illusion de l'unité sera ici défait, décomposé, analysé.

Cette séparation faite système, c'est la condition pour qu'à la fin deux êtres soient réunis. Mais quel long chemin pour Mais plus ambitieuse aussi.

Car ces deux heures sont passées au scanner du temps réel.

Le temps de la fiction et celui de la projection feignent de se recouper. Ses copines sont bien en peine de répondre. Selon les communautés, le problème varie. Ici, on se désespère qu'elle ne trouve aucun mec, hypostase sur le précédent qui l'a largué il y a déjà deux ans.

Le problème, c'est surtout celui des autres. Car de toutes les héroïnes des Comédies et proverbes, Delphine est un peu la préférée de son auteur. Là où Louise Les Nuits de la pleine lune était prise à son propre piège, là où Anne La Femme de l'aviateur et Sabine Le Beau mariage doivent composer avec les vicissitudes de l'existence, Delphine, donnée d'abord pour la plus loseuse de toute, se voit gratifiée d'un miracle.

Le miracle ce fameux rayon vert est dans le film.

Mais le miracle, c'est aussi le film. Avec Les Nuits de la pleine lune 84 , Rohmer semblait avoir porté son système d'entrelacs d'intrigues, d'hyper maîtrise narrative et dialoguée, à son point de perfection absolue. Avec Le Rayon vert, il le pulvérise, court les plages de France avec une carte des marées en guise de scénario, ouvre son système au contingent et à l'impro, et touche à nouveau au sublime, mais par des chemins pour lui inédits.

N'en déplaise à Vincent Cassel qui déclarait en plein dérapage promo trouver la version de Cocteau lente et ennuyeuse , on ne s' est jamais complètement remis des bras-chandeliers perforant des murs des glory holes? Leurs mots tournent dans les têtes comme des ritournelles. Une chanson d'amour. Je n'écoute que les chansons. Parce qu'elles disent la vérité. Plus elles sont bêtes, plus elles sont vraies. D'ailleurs, elles ne sont pas bêtes.

UN JOUR UN DESTIN BERNARD BLIER

Elles disent 'Ne me quitte pas, ton absence a brisé ma vie ou Je suis une maison vide sans toi, laisse moi devenir l'ombre de ton ombre ou sans amour on n'est rien du tout'". Le moment est parfaitement choisi pour retourner y voir. Probablement le plus immédiatement réjouissant, où l'utopie de film permanent, sans début ni fin, le jeu aux confins de l'informe, du pur lâcher prise narratif culminant dans Out 1 est à la fois flamboyant et domestiqué dans une forme de comédie entre screwball, Lewis Carroll et Henri James version drag-queen.

C'est peut-être le cinéma indépendant américain, de Recherche Susan désespérément deux filles et des tours de magie à Mulholland Drive deux filles mènent l'enquête , qui s'est le plus souvent embarqué sur le même bateau que Céline et Julie.

A bord, c'est toujours le chahut et on tangue joyeusement dans ses roulis gracieux. Ci-joint un trailer non officiel et reboosté electro par un fan inspiré. Oui absolument, mais aussi inattendue coïncidence! C'est à d'autres jeux interdits que se livrent les gars de L'Inconnu du lac, l'ébouriffant thriller naturiste d'Alain Guiraudie. Même s'il s'agit à nouveau de jouer avec la mort.

Le film aurait à la fois contribué à la mort de son auteur Ophuls disparaît certes de maladie, mais dit-on miné par le chagrin, un an et demi après la catastrophe commerciale et brisé la carrière de son actrice principale Martine Carol, reine du box-office début fifties, engloutie par le naufrage Lola Montès, et maintenue sous l'eau par le tsunami Bardot l'année suivante.

Moins parfaitement gracieux que Madame de, le film est un des plus baroques que le cinéma français ait jamais conçu, barnum pré-fellinien, faisant s'entrechoquer dans la plus grande fureur le romanesque de la vie et les arabesques de la représentation. Ils ont porté et portent encore — enfin, surtout elle le meilleur du cinéma français sur leurs épaules. Et pourtant, étrangement, Gérard Depardieu et Isabelle Huppert ne classent chacun que deux films dans ce top un score très en deçà de ceux de par exemple Belmondo, Piccoli, Seyrig, Bulle Ogier, Deneuve, Lonsdale ou Léaud.

Une jeune femme quitte un homme bourgeois et aisé pour un "loulou" sans profession. Le film, vraiment très ténu dans son récit, n'a pas grand-chose de plus à raconter. Il préfère proposer du partage, du temps commun, de la mise en présence. Tout flotte dans Loulou, mais la vie est là. Celui-ci a pourtant été réalisé anachroniquement au mitan des années 70, à une époque, où le cinéma parlait pourtant tout le temps et où Garrel jugea bon de lui réinjecter un peu de silence.

Même les couleurs font trop de bruit. Silence et noir et blanc pour ne plus regarder qu'un seul visage, celui d'une star déchue de 40 ans, Jean Seberg quinze ans après A bout de souffle, aux prises avec l'alcool, la peur, la solitude, la camisole chimique et la démence. En une heure quinze de gros plans presque exclusifs, une vie entière affleure à la surface d'un visage.

Trente-quatre ans plus tard, Garrel racontera recomposées par la fiction les coulisses de cette saisissante expérience de scan existentiel dans La Frontière de l'aube Cette fois, nous descendons des places 26 à Avec ces jump cut abrupts, son travelling en caddie, ses accidents lumineux, ses faux raccord, ses adresses goguenardes à la caméra et sa gestion fantaisiste du récit, le film reste une révolution stylistique inouïe.

Sa nature de série B, même hydrocutée dans les courants les plus vifs de la modernité, en fait un film peut-être moins fascinant, moins inépuisable, que d'autres de Godard comme celui qui, par exemple, s'est hissé dans le top 3. Date absolue dans l'histoire du cinéma, A Bout de souffle ne pose pas au grand film, est exempt de toute forme de monumentalité.

Comment dégager les 12 heures et 40 minutes que nécessite sa vision? Certains ont pu le voir en salle, tout un après-midi durant et jusqu'au milieu de la nuit. La télévision a préféré le découper en 8 épisodes, ce qui sied assez bien à sa nature de sérial de Feuillade version hippie. Ceux qui ont pu se procurer en DVD pirate ce film rarissime peuvent vivre avec le film, en visionner en boucle certains passages hypnotiques.

Le film est fait pour engloutir son spectateur, pour ne pas le laisser en sortir. Son argument est inspiré de L'Histoire des Treize de Balzac. Il y est question de conspiration et de société secrète.

Ebooks Gratuits

Il faut huit ou neuf heures de récit erratique pour qu'un sens se dessine, qu'on comprenne au détour d'un échange entre Fabian et Lonsdale, que le motif du film, tellement dilaté qu'il en devient difficilement déchiffrable, c'est Mai 68 comme révolution ratée. Mais il n'y au fond pas d'autre sujet au sublime Out 1 que sa durée.

Le temps s'y fait matière et on s'enlise avec délectation dans ses folles excroissances. Dans un appartement parisien du XIVe, dont les fenêtres plongent sur le cimetière Montparnasse, deux femmes entre deux âges se jouent toute la journée la comédie.

Aldrich, Aucune image d'archive des camps, pas de voix off ni de commentaire explicatifs. Juste la littéralité des lieux aux présent, où les stigmates de ce qui s'est joué s'effacent. Et la parole de ceux qui furent les acteurs de cet infernal théâtre où quelque chose de l'humanité s'est rompu.

Plus de neuf heures, c'est le temps nécessaire pour que les images désertées par les faits et les mots arrachés au refoulement celui des victimes, mais plus encore celui des bourreaux peu à peu coïncident et fabriquent une image.

Une image qui n'est pas sur l'écran, qui transcende toutes les procédures figuratives de la représentation. Une image qui, pour être seulement invoquée, n'en est pas moins terrassante. Mais cette fois le succès n'est pas au rendez-vous. Mal aimé à sa sortie, le film est amputé de supposées longueurs. Et il faudra plus de treize ans pour que Truffaut établisse un director's cut de 2h C'est peu dire que le film est un des plus vibrants et fiévreux de son auteur un seul autre se trouve en plus haute position dans ce top Le tumulte romanesque truffaldien atteint son point de perfection épurée.

Dans un plan de draps souillés de sang d'Esther Kahn Desplechin, , ou des lettres lues face caméra par leurs auteurs chez Pascale Ferran Lady Chatterley, ou encore Desplechin Maurice Garrel dans Rois et reine, , on mesurera l'influence déterminante de ces belles Anglaises sur une certaine veine du cinéma français des années Et une des deux adaptations du même recueil de Maupassant La maison Tellier et autres nouvelles. Le sensualisme renoirien se déchaine dans ces ébats champêtres entre une jeune fille de bonne famille et un canotier cool.

Les plantes et les êtres bourgeonnent conjointement ; les nuages et les corps exultent en ruisselant. Jamais un orage n'a été si bien filmé.

UN JOUR UN DESTIN BERNARD BLIER

A noter le tournage hyper jet-set a posteriori puisque les trois assistants de Renoir étaient les novices Luchino Visconti, Henri Cartier-Bresson et Jacques Becker. Et le jeune époux de l'actrice principale est passé sur le tournage le temps d'un cameo en tenue de séminariste. C'était Georges Bataille. Oublier ou se souvenir? Rester ou partir à Paris? Vivre à jamais avec un fantôme ou refaire sa vie? Les cheveux un peu foncés, le visage nu, toute en tension rentrée, regards furtifs, understatement, Deneuve est sublime de bout en bout.

Moins survolté que chez Corneau ou Blier, lesté par une tristesse congénitale, Dewaere n'a jamais été aussi émouvant.

Deux sont beaucoup plus bas, et deux sont beaucoup plus haut. Et Lola entre, comme toujours. Entre une vie rêvée et une vie vécue, un amant français exilé en Amérique et un amant américain en transit à Nantes, entre des lignes de vie qui se croisent, entre son rôle de maman et celui d'entraineuse, entre le cinéma hollywoodien le chapeau, la guêpière et le petit nom de Marlène et la Nouvelle Vague c'est Raoul Coutard, quelques mois apres A bout de souffle, qui l'inonde de lumière.

Entre tout ça, c'est elle, c'est elle, Lola. Celle d'un type qui tous les jours se rend dans un bar pour observer le sexe des femmes aux toilettes par un trou creusé dans la cloison. L'histoire est racontée deux fois. La première fois, sur un mode fictionnel, par un comédien Lonsdale. La seconde fois, sur un mode documentaire, par un ami du cinéaste, qui a vécu l'histoire ou l'invente. Au naturalisme puissant de Renoir répondent les arabesques enivrantes et artificieuses d'Ophuls ah cette maison Tellier, ruche vibrionnante dont la caméra ne filme l'agitation que de l'extérieur, en jonglant d'une fenêtre à l'autre.

D'un casting absolument royal, on isolera les prestations renversantes de Darrieux en Madame Rosa, qui entrevoit avec vague-à-l'âme, le temps d'un dimanche à la campagne, une vie alternative à celle, entre soie et champagne, de travailleuse du sexe entre soi, et de Gabin, irrésistible en paysan mature soudainement pris d'une démangeaison de tout son corps et d'un grand affolement gesticulatoire au contact des pensionnaires de la maison Tellier.

Les deux autres son plus haut voire très haut pour l'un d'eux. Sa façon très personnelle de nouer la comédie et le documentaire, l'écrit et l'impro, de dilater les scènes, sa fantaisie joyeuses, on en trouve les traces chez Sophie Letourneur, Guillaume Brac qui fait même tourner Bernard Menez , Antonin Peretjatko, Justine Triet Du Côté d'Orouet ou comment trois Parisiennes en vacances vont sadiser un dragueur maladroit, à la fois odyssée 2h30 et miniature 16mm, budget ric-rac, intrigue plus que ténue , est sa plus éclatante réussite.

Cette immense entreprise de démolition où nous périrons par où nous avons cru vivre. C'est un Anna-gramme, bien sûr. Et un référence à Zola. Mais si la Nana de Godard elle aussi se prostitue, elle n'aspire a aucune ascension sociale par la mise aux enchères de son corps ; elle n'a rien d'une aventurière. C'est une travailleuse. Donc, dans la France prospère du Gaullisme, une aliénée comme une autre.

Dont la vie se résume à douze tableaux tombeaux , douze rencontres chacune filmées avec un dispositif de mise en scène différent et sophistiqué. Le cinéma ou l'art de saisir une épiphanie sur un visage. Un gros plan est une affaire de miracles.

Gabin incarne un taulier obsédé par la réussite de ses spectacles, figure d'entrepreneur-artiste possédé, double possible du cinéaste. Flamboyant capitaine de navire, il emporte à son bord une petite blanchisseuse qui veut devenir une star, une star qui voudrait voir tous les hommes à ses pieds, un prince qui aime les danseuses, et les courants mélangés de la vie et de la représentation l'une et l'autre se débordant sans cesse font gravement tanguer le bateau.

Un jeune homme est accusé à tort d'un trafic de faux billets. Un engrenage implacable, une véritable concaténation du mal, l'entraîne vers la chute. La mise en scène de Bresson, au top de l'ascétisme, est bien sur en homologie parfaite avec cette mathématique du pire : chaque plan tombe comme un couperet, chaque raccord est une porte claquée à la face du personnage effondré et celle du spectateur ébahi devant tant de terrassante maestria.

On y croise beaucoup de morts chéris : Beckett, Jean Seberg, King-Kong, les films anciens du cinéastes, une icône de Franju La mélancolie est sans cesse dépassée par une force de proposition active stupéfiante. Holy Motors est un film de démonstration. Les 40 minutes les plus insurrectionnelles du cinéma français.

Il n'arrive qu'en quatrième position des sept films classés du cinéaste dans notre top Le film n'en est pas moins sublime. Le héros n'est pas un écrivain devenu journaliste mondain mais un critique d'art — tout aussi mondain. Les deux films moquent une petite communauté élitaire. Ce n'est pas le poussif et grandiloquent Grande Bellezza de Paolo Sorrentino, mais, sur un dispositif étonnamment proche, un film d'une grande beauté, mais infiniment plus tonique, Loin de Manhattan, le second long métrage facétieux de Jean-Claude Biette.

Mais pourquoi le peintre René Dimanche a cessé de peindre pendant huit ans? Avant de commencer votre enquête, reprenez donc un verre de bleuade. Si un salaud ressemblait vraiment à un salaud? Jean Yanne trouve son premier rôle d'ordure grand format en meurtrier accidentel d'enfant auquel Michel Duchaussoy oppose un jeu tout en finesse dans le rôle du père justicier. Un des deux films de Chabrol dans le top bah oui, c'est trop peu , tournés tous les deux la même année.

Mais les arrangements, audacieux, contemporains, mordants, leur donnent une vitalité nouvelles. Le XIe arrondissement au mitan des années devient un territoire de cinéma aussi poétique et désirable que le Clermont-Ferrand sixties de Ma nuit chez Maud ou le Nantes de Lola.

Sur un procédé proche de La Règle du jeu comédie des maîtres et des valets, unité de lieu domestique La rivalité amoureuse n'est pas si grave et les drames les plus épouvantables sont des plaies brûlantes déjà pansées par les cendres du temps, qui s'écoule aussi majestueusement que le Gange.

Dans les années , on aura vu deux fois revenir l'enfant, le serpent et le souvenir du Fleuve : dans Loin d'André Téchiné puis dans A bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson Troisieme long-métrage de Rohmer, quatrieme conte moral les deux premiers étaient des films courts , premier grand succès de l'ainé de la Nouvelle Vague, très en retard sur ses cadets en terme de reconnaissance.

Mais les surprises font toujours retour. Et il suffit d'un mensonge par omission pour qu'une faute non commise allège une culpabilité non avouée. Un des plus beaux twists narratifs rohmériens. La jeune femme était fantasque, drôle, piquante. Truffaut la transfigure et la prend dans les rets d'un de ses films les plus noirs.

Tour à tour mystérieuse comme une héroïne d'Hitchcock, puis confondante de présence et de proximité comme Ingrid Bergman chez Rossellini, Dorléac trouve son rôle mythique. En homme engoncé emporté dans une passion plus grande que lui, Desailly est génial. L'intrigue la plus banale ouvre sur un abîme. Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des crimes d'amour.

Et pour Gabin, c'est la seconde moitié des années De la noirceur sociale de Duvivier, du réalisme poétique de Carné, de l'humanisme didactique de Renoir, Gabin est le ciment.

La matière qui permet à tout cela de prendre. Tout cela, et aussi le romanesque déflationniste de Grémillon, cette zone où quelque chose du mythe de Gabin se dissout et se recompose. Sans pourtant jamais déparer de son prestige viril ce corps qui porte en lui toutes les aspirations d'un peuple. Dans Gueule d'amour, Grémillon effeuille pétale après pétale la corole de l'idole, jusqu'au plus total dénuement. Fier et fort dans sa tenue de légionnaire, au début du film, il termine le récit chancelant, tombé sur le front des passions amoureuses non réciproques.

Il termine le film tremblant, affaibli, émasculé. La gueule d'amour a plus que la gueule de bois. C'est évidemment son plus beau rôle. Certes, avant, il y avait eu Vigo on reparle plus haut de Zéro de conduite.